RD.Congo : Que cache le massacre au Kasaï central?

Depuis quelques jours, il y a des vidéos qui circulent abondamment dans les médias et partagés sur les réseaux sociaux, montrant des images atroces et gravissimes de forces de l’ordre congolaises en train de massacrer impunément les populations civiles sans armes.

Ce énième massacre a suscité un profond émoi dans la population et auprès de la communauté internationale, ce qui a donné lieu à des critiques acerbes de nombreux pays et une désapprobation tous azimuts de la violence dont font souvent preuve les forces de l’ordre de ce pays contre des populations civiles.

Le gouvernement de Kinshasa a voulu, dans un premier temps, nier l’évidence en tentant de minimiser la gravité de crimes, mais il a été incapable d’étouffer la vérité. En effet, le dysfonctionnement de la communication et la cacophonie étaient tels que les ministres se contredisaient les uns les autres et n’étaient même pas en mesure de gérer convenablement la situation. Finalement, le gouvernement a fait volte-face en reconnaissant que les forces de l’ordre avaient commis des excès et en annonçant l’ouverture d’une enquête pour établir les faits sur les violations graves des droits humains au Kasaï central.

Cette cruauté répréhensible qui dépasse tout entendement, commis au mépris de la dignité inhérente à la personne humaine, est particulièrement préoccupante et constitue incontestablement un crime de guerre et un crime contre l’humanité.

Les auteurs matériels et intellectuels, les commanditaires et exécutants de ces crimes inacceptables doivent savoir que tout usage excessif, irrationnel et disproportionné de la force, provoquant mort d’hommes est un crime imprescriptible dont ils devront, tôt ou tard, répondre individuellement de leurs actes de terreur, au regard du droit pénal international. Qui plus est, il existe déjà un précédent important au sein du système de justice pénale internationale.

Un climat de terreur règne en RDC

Mais au-delà du sanglant massacre au centre du pays qui a profondément choqué l’opinion publique, et de bien d’autres encore quotidiennement à l’Est du pays, il y a là de quoi s’interroger sérieusement s’il ne s’agit pas d’une stratégie du chaos orchestrée dans le but d’embraser à nouveau tout le pays afin de justifier l’impossibilité d’organiser les élections libres et transparentes à la fin de cette année tel que prévu dans l’Accord de la Saint-Sylvestre, qui tarde encore à être appliqué.

Il y a lieu de rappeler toutefois qu’en RDC, l’usage de la violence excessive et de mauvais traitements de la population civile, les intimidations contre les partis d’opposition, les militants de droits humains et autres journalistes qui essaient de faire correctement leur métier, sont devenus monnaie courante du régime pour se maintenir au pouvoir.

Le Rassemblement de l’opposition, un regroupement hétéroclite constitué des partis issus de tous les horizons politiques, dont certains sont motivés par la recherche du pouvoir, d’autres par l’appât du gain facile, d’autres encore par esprit de revanche au pouvoir, s’accordent tous sur un seul point, celui de faire plier le président Joseph Kabila, qui ne peut plus se représenter après deux mandats successifs, de respecter la Constitution congolaise.

Quand l’opposition tombe dans le piège du pouvoir

Cette union des forces politiques de l’opposition qui avait fait front commun derrière Étienne Tshisekedi pour faire pression au président Kabila de respecter la Constitution et qui l’a amené à négocier les termes de la période transitoire, avant les élections, commence à se lézarder avec la mort de son leader.

Il faut dire honnêtement que tout cela était malheureusement prévisible, étant donné que cette union ne reposait sur aucune base idéologique. En effet, rien ne réunit mieux un groupement politique qu’avoir un projet de société commun pour lequel tous travaillent pour le concrétiser. Or, même lorsqu’il veut diriger le gouvernement maintenant, tel que convenu dans l’Accord, le Rassemblement de l’opposition n’a pas un projet de société commun.

Qu’à cela ne tienne, l’erreur monumentale que le Rassemblement de l’opposition a commise et qu’il regrettera peut-être profondément, est d’avoir signer un chèque en blanc un peu trop blanc au régime de Kabila qui, en contrepartie, ne semble pas tenir sa parole et respecter son engagement. Et pourtant, son maintien au pouvoir, après le 19 décembre 2016, est garanti par cet Accord qu’il rechigne à appliquer. Du coup, le Rassemblement de l’opposition se retrouve dans une position de faiblesse sans beaucoup de capacité d’action et dans l’impossibilité de faire le rétropédalage en remettant en cause le pouvoir même de Joseph Kabila.

Pour revenir aux événements tragiques de cette dernière semaine au Kasaï central, il est regrettable de voir que les dirigeants congolais n’ont pas la moindre considération pour les populations civiles. Ces événements ont démontré, si besoin en était encore, qu’ils ne se préoccupent guère de la protection et du bien-être de leurs populations. De ce fait, il est inconcevable, voire même indécent qu’ils s’obstinent à vouloir s’accrocher à tout prix au pouvoir uniquement dans le but ultime de protéger leurs petits intérêts individuels aux dépens de l’intérêt supérieur de la nation.

Faut-il rappeler en définitive qu’une des responsabilités primordiales qui incombe à tout gouvernement, est de veiller à la sécurité des citoyens et à la protection de leurs biens. Cette responsabilité requière de gouvernants qu’ils soient notamment en mesure de transcender leurs intérêts individuels pour privilégier l’intérêt général; de répondre aux questions fondamentales et vitales de leurs concitoyens; d’avoir de grands desseins pour leur pays; et d’œuvrer jour et nuit à créer les conditions nécessaires à l’épanouissement et au bien-être de leur population.

Avec la mort de Tshisekedi : qu’adviendra-t-il de l’accord de la Saint-Sylvestre ?

Les négociations politiques entamées, fin 2016, par les clergés catholiques en République démocratique du Congo (RDC), avaient permis de faire baisser la tension qui régnait sur l’étendue du territoire congolais, à la veille de la fin du dernier mandat du Président Joseph Kabila. Une initiative qui a été beaucoup appréciée au niveau national et international. Ces négociations ont abouti à la signature d’un accord le 31 décembre 2016, appelé « Accord de la Saint-Sylvestre ». Un accord auquel s’est joint l’ensemble de la classe politique, toutes tendances confondues.

En vertu de cet accord, il a été convenu notamment de mettre en place un gouvernement de transition qui serait dirigé par un représentant du Rassemblement de l’opposition jusqu’à l’organisation des élections présidentielle et législatives avant la fin 2017.

Si l’on n’y prend pas garde, avec la disparition brutale du baobab autour duquel se rassemblait la frange majoritaire de l’Opposition politique (OP) pour faire contrepoids et exercer une pression au régime de Kabila, cet accord risque de prendre une tournure complètement différente de ce qui était convenu.

Deux scenarii possibles risquent de se produire

Du côté du pouvoir

Première hypothèse, la Majorité présidentielle (MP) continue avec sa stratégie actuelle de faire traîner en longueur les discussions et parvenir à faire accepter à l’OP de proposer plusieurs candidats au poste de Premier ministre. Ainsi, le président Kabila aura non seulement la possibilité de choisir, parmi les candidats proposés, celui qui fera son affaire et lui sera docile, mais surtout continuera de garder la main haute sur ce Premier ministre. L’accord sera ainsi appliqué, mais dans la continuité du régime en place.

Deuxième hypothèse, la plus plausible, la MP, comme toujours, utilise la bonne vieille recette politique de « diviser pour mieux régner », en activant la « main noire » qui distribue notamment des billets verts à certains membres du Rassemblement de l’opposition et de l’UDPS – les deux structures politiques que dirigeait Etienne Tshisekedi -, dans le but de les faire éclater pour ainsi clamer qu’il n’y a plus d’interlocuteur fiable avec lequel nous pouvons établir un dialogue sérieux dans le cadre de cet accord.

Du côté de l’opposition politique

Première hypothèse, malgré la mort du Patriarche, le Rassemblement de l’opposition résiste à la tentative du régime de Kabila de le faire éclater, reste uni et parle d’une seule voix pour le faire plier à respecter le prescrit de l’accord de la Saint-Sylvestre. Il pourra ainsi bénéficier de l’appui populaire. Cette population qui croupit dans la misère, privée de services vitaux tels que de l’eau potable et l’électricité, dépourvue du pouvoir d’achat des produits vitaux de première nécessité pour la santé. Une population frustrée, qui avait fondé beaucoup d’espoir sur Tshisekedi et qui se sent maintenant orpheline.

Deuxième hypothèse, le Rassemblement politique conditionne le rapatriement du corps de l’illustre disparu à la mise en œuvre de l’accord de la Saint Sylvestre. Accord issu du dialogue pour lequel Tshisekedi s’est battu, dans un premier temps isolé, puis rejoint finalement par l’ensemble de la classe politique congolaise.

C’est un point de vue qui est de plus en plus exprimé par la base du parti cher au Phoenix de Limete, qui souhaite que ce soit le gouvernement issu de cet accord qui organise les funérailles officielles et une sépulture dignes du combat que l’homme a mené pour la démocratie dans son pays.

Les partisans de Tshisekedi et la grande majorité de la population congolaise craignent, à tort ou à raison, que le pouvoir fasse de la récupération politique avec le corps de l’illustre disparu, alors que de son vivant, le Président Kabila maintenant au pouvoir depuis 16 ans, ne lui a jamais serré la main, en tout cas pas publiquement. Il est donc hors de question que le corps de Tshisekedi rentre au Congo avant l’application de l’accord.

Un accord qui obtient l’appui international

Bien qu’il soit resté très discret pendant les négociations, le Groupe international de soutien à la facilitation du dialogue congolais constitué autrefois de l’ONU, OIF, UA, UE, a apporté un appui total aux clergés congolais.

À la mort d’Etienne Tshisekedi, les quatre organisations ont unanimement rendu hommage à l’illustre disparu et réitéré leur soutien à l’application intégrale de cet accord, considéré comme un des héritages d’Etienne Tshisekedi, pour faciliter la bonne tenue des élections.

Dans un communiqué rendu public le 4 février dernier, Michaëlle Jean, Secrétaire générale de la Francophonie a déclaré que : « La témérité d’Étienne Tshisekedi, figure emblématique de la vie politique congolaise, n’aura laissé personne indifférent, tant elle s’inscrit dans l’histoire mouvementée de la construction de l’État de droit en République démocratique du Congo. On l’a vu encore dans le cadre de l’Accord politique, conclu le 31 décembre 2016, entre les différentes coalitions de l’opposition et la majorité présidentielle. »

L’Union européenne a été plus précis, en appelant ouvertement « les acteurs politiques à honorer la mémoire du défunt en mettant en œuvre l’accord de la Saint-Sylvestre qui doit mener le pays vers des élections paisibles et démocratiques. »

À l’Union africaine, la Présidente sortante, Nkosazana Dlamini Zuma, a déclaré la même chose : « la meilleure façon de rendre hommage à son héritage et son long combat pour la démocratie en RDC est de mettre pleinement en œuvre l’accord du 31 décembre 2016 ».

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies a également invité « les acteurs politiques à honorer la mémoire d’Etienne Tshisekedi en s’engageant résolument dans la mise en œuvre totale de l’accord politique du 31 décembre 2016 »

Tout le monde sait bien qu’à partir du 20 décembre 2016, le pouvoir du Président Kabila est garanti par ce compromis politique qui a été dégagé le 31 décembre 2016, et qui lui garantit de rester encore une année de plus au pouvoir, le temps d’organiser des élections démocratiques et transparentes pour lui trouver un successeur.

Mais au-delà de possibles prises de position relevant de la politique politicienne qui peuvent surgir pour tenter de torpiller ou même de faire capoter cet accord, le régime de Kabila devrait clairement comprendre que c’est lui qui a tout à gagner à préserver les acquis de cet accord. Il n’a donc aucun intérêt à vouloir énerver la population qui attend impatiemment la mise en œuvre de cet accord pour aller vite aux élections à la fin de cette année, comme prévu. Agir autrement risquerait non seulement de susciter de la frustration auprès de la population et accroître de nouveau la tension, mais cela reviendrait à scier la branche sur laquelle le Président Kabila est assis momentanément.

Hommage à Etienne Tshisekedi : l’intraitable militant de la démocratie

Etienne Tshisekedi

L’homme qui a marqué l’histoire politique congolaise au cours des quatre dernières décennies, et dont le combat démocratique a transcendé le temps et les générations, s’est éteint mercredi 1er février 2017 à Bruxelles, loin de sa terre natale qu’il chérissait tant. Le colosse incontournable qui régentait la vie politique en République démocratique du Congo (RDC) et déplaçait les foules, ne pourra plus jamais les haranguer.

Comme tout bon sportif de haut niveau qui préfère se retirer au sommet de sa gloire, l’intraitable Etienne Tshisekedi wa Mulumba a préféré tirer sa révérence au summum de sa popularité, et ce, à un moment crucial où le peuple congolais avait encore besoin de lui pour qu’il joue un rôle clé en accompagnant sagement la classe politique congolaise dans le processus transitionnel qui s’annonce tumultueux et dangereux pour l’avenir de ce pays.

Premier Congolais docteur en droit, Etienne Tshisekedi était un homme de principes et de convictions qui aura passé toute sa vie jusqu’au bout à lutter pour défendre et promouvoir les valeurs démocratiques et le respect de la primauté du droit en RDC. Malgré le caractère pacifique de son combat politique, l’homme était radical dans sa façon de percevoir l’avenir de son pays. Il prônait un changement radical nécessaire pour réformer la gestion politique et économique pour le bien ses concitoyens. Il luttera toute sa vie pour un changement social et politique qu’il ne verra malheureusement pas.

Tshisekedi est resté fidèle aux idéaux de justice, de liberté d’expression, d’égalité et de dignité humaine, auxquels il croyait fermement jusqu’à sa mort. Son engagement au service du peuple congolais était total et sans failles. Et, ce peuple lui a aussi bien servi. Pour preuve, sa popularité remarquable ne s’est jamais démentie et n’avait cessé de croître au fil des années. L’homme était devenu incontournable sur l’échiquier politique congolais. Toute tentative de vouloir le contourner était vouée à l’échec. Il avait un charisme naturel qui n’était pas forcement lié à ses talents d’orateur, mais à la force de ses convictions et son engagement, qui inspiraient confiance et respect même auprès de ses adversaires.

Un parcours de combattant de la liberté

Tshisekedi était l’un des personnages les plus éminents qui, en RDC, ont combattu pour la démocratie, la liberté d’expression, les droits humains, et se sont opposés aux régimes successifs de Mobutu, Kabila père et fils. Il a personnellement payé lourdement le prix de son combat politique. Durant la quarantaine d’années d’opposition politique, l’homme a subi toutes sortes de violations des droits humains par les régimes qui se sont succédé au pouvoir en RDC : arrestations abusives, emprisonnement, actes de torture physique, mentale et psychologique, relégations au village sans adduction d’eau ni électricité, etc. Mais toute cette cruauté inacceptable n’a pas altéré son engagement. Par sa constance et sa ténacité, l’homme a su vaincre la peur et les intimidations.

Maintenant qu’il a disparu, on ne saura jamais le secret de sa longévité dans le combat politique et la résistance à la dictature. L’homme a emporté avec lui également, dans sa tombe, des pans entiers de l’histoire politique du Congo dont il fut un des principaux acteurs.

Quel héritage laisse-t-il ?

La disparition brutale de Tshisekedi, certes prévisible étant entendu que la mort est une conséquence naturelle de la vie et un phénomène qui touche tout être humain, est tout de même survenue à un très mauvais moment pour l’avenir de son pays.

A l’exemple de Moïse, dans la bible, qui avait vaincu de nombreuses difficultés et conduit le peuple Hébreux à traverser la Mer rouge hors d’Égypte, Etienne Tshisekedi aura également conduit le peuple congolais jusqu’aux portes de la terre promise sans y entrer et leur a dit « prenez-vous en charge ». Avec la disparition de cette figure emblématique, c’est sans nul doute que la vie politique ne se fera plus de la même manière qu’avant.

Etienne Tshisekedi était un modèle d’exemplarité pour les Congolais qui se battent pour l’instauration d’un État de droit. Mais l’homme n’était pas qu’un opposant historique comme on aimait bien l’appeler, c’était toute une « école » qui a formé la classe politique et aussi une pépinière où les différents régimes qui se sont succédé allaient débaucher les faibles d’esprit.

Nombreux dans la majorité présidentielle, aussi bien à l’époque du Marechal Mobutu, de Laurent Désiré Kabila, qu’actuellement avec Joseph Kabila, sont passés par cette « école Tshisekedi ». Nombreux dans la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, doivent leur ascension, soit directement, soit indirectement, à Etienne Tshisekedi. Certains, pour leur acharnement farouche contre Tshisekedi, d’autres pour leur rapprochement à Tshisekedi et leur éloquence à pourfendre le régime, finissaient par se faire acheter au prix fort par le régime.

En effet, même si Tshisekedi n’a pu atteindre son objectif, il a réussi à semer l’idée dans la tête de Congolais, d’imaginer un avenir meilleur pour leur pays. C’est ça le précieux héritage que Tshisekedi a laissé au peuple congolais : « Prenez-vous en charge ». 

Rendre hommage à Tshisekedi

Etienne Tshisekedi a fait sa part. Tout sa vie, il a mené avec acharnement un combat pacifique pour la démocratie et l’État de droit. Il savait bien qu’en politique il faut savoir négocier, mais il n’était pas prêt à faire des compromissions, à se compromettre lui-même dans les combines politiciennes, les mensonges et les déshonneurs. Il s’est sacrifié en faisant passer, avant tout, l’intérêt général aux intérêts personnels, en renonçant à tous les privilèges et en résistant à toutes tentatives de succomber aux sirènes du pouvoir tant et aussi longtemps que celui-ci ne servait pas les intérêts de son peuple.

Maintenant que cette boussole qui guidait le peuple congolais n’est plus, le meilleur moyen de lui rendre hommage et d’honorer sa mémoire pour ce combat noble qu’il a mené pour l’édification de la démocratie dans son pays, serait de poursuivre sa lutte pacifique pour la démocratie et le respect de la primauté du droit en RDC.

Il revient donc à chaque Congolais, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, selon ses capacités, ses moyens et ses compétences, de prendre le relais et de faire sa part pour continuer ce combat pour la démocratie, la liberté d’expression, l’état de droit et le respect des droits de la personne, dont le pays a fondamentalement besoin pour opérer des changements substantiels pour le bien des Congolais.

À la classe politique qui négocie la période transitoire, elle doit avoir à l’esprit que Tshisekedi a payé de sa vie pour le Congo. À son âge, 84 ans, il ne serait pas en train de travailler jour et nuit, de présider des réunions et des audiences pour son pays. Il serait plutôt en train de s’occuper de sa santé et de sa famille. Alors négocier, de bonne foi, une transition pacifique qui devra conduire le pays vers des élections démocratiques, libres et transparentes fin 2017 et asseoir le respect des principes de la démocratie constitutionnelle, du respect strict des lois et de la bonne gestion des affaires publiques. C’est de cette façon que vous allez honorer la mémoire de l’illustre disparu.

Tshisekedi était grand, il le restera dans la mémoire collective de Congolais. Son combat pour la démocratie est aussi le vôtre, et est loin d’être gagné. Vous tous ensemble, mettez tout en œuvre pour entretenir la flamme de l’espoir et de la liberté qui a été allumée par Etienne Tshisekedi wa Mulumba, et faites de sorte qu’elle ne s’éteigne pas mais continue de brûler dans le cœur de chacun et de tous.