Canada – Île Maurice : deux candidats en vue pour prendre la direction de l’OIF

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L’île Maurice et le Canada sont deux pays avec des parcours historiques similaires. Comme le Canada, l’île Maurice a été successivement colonisée par les Français et les Britanniques avant d’accéder à l’indépendance en 1968.

Les deux pays sont à la fois membres du Commonwealth et de la Francophonie. À la différence que le Canada reconnait légalement l’anglais et le français comme les deux langues nationales du pays, alors que l’île Maurice ne reconnait que l’anglais comme seule langue du pays qui a le statut de langue officielle et langue de l’administration publique, non pas le français.

À l’île Maurice, seule la version anglaise de textes législatif, exécutif et judiciaire est considérée comme la version officielle. Dans le secteur de l’éducation mêmement, l’anglais est l’unique langue obligatoire d’enseignement secondaire et la seule langue des manuels scolaires.

Et pourtant, il est beaucoup plus facile pour la majorité des Mauriciens d’apprendre le français que l’anglais en raison des affinités linguistiques avec le créole mauricien, un mélange de langues maternelles des descendants d’esclaves africains et du français.

Le candidat de l’île Maurice à la tête de la Francophonie devrait convaincre son pays à reconnaitre officiellement le français comme une deuxième langue du pays. Par ce geste, l’île Maurice lancerait un message positif à l’égard des autres États membres de l’OIF, notamment le Québec qui est très sensible à la question de langue. L’île Maurice a un défi énorme à relever dans la promotion de la langue française.

Depuis le début de cette campagne pour la succession à l’OIF, tous les spécialistes et stratèges politiques qui s’intéressent à cette Organisation, les diplomates et les médias n’ont cessé de le dire que tant et aussi longtemps que l’Afrique avancera en ordre dispersé, elle n’aidera aucun candidat du continent.

Jean-Claude de l’Estrac est très conscient de ce handicap sur le chemin de son accession à la direction de l’OIF. Dans une entrevue qu’il a accordé au journal L’express, du groupe La Sentinelle, dont il est le grand patron,  M. De l’Estrac reconnait implicitement que ses chances sont minces pour succéder à Abdou Diouf :

« Je ne sais pas si on peut considérer que nous sommes dans la position de favori, m’enfin nous sommes un de candidats principaux avec ses difficultés qui, on a même peut-être encore trop de candidats. Nous sommes au moins quatre candidats officiels africains pour l’instant, à moins deux mois du sommet, et si arrivée à Dakar, nous sommes toujours quatre, par exemple, face à une candidature canadienne qui a faite aussi une belle campagne, l’Afrique ne passera pas » disait-il.

Effectivement, la multitude de candidats africains profitera à Michaëlle Jean qui, il faut le dire, est la seule candidate dans cette course qui a un accès privilégié aux acteurs clés de la gouvernance mondiale.

De plus, elle est la seule à proposer une vision porteuse et réaliste pour une Francophonie économique qui saura accompagner résolument les pays africains dans leurs efforts de développement.

Michaëlle Jean est également la seule qui a compris que la Francophonie n’est pas qu’africaine, elle est aussi européenne, américaine et asiatique. Elle est la seule qui est allée dans tous ces continents pour faire campagne.

Elle est présentement en visite dans trois pays membres de la Francophonie d’Asie du Sud-Est (Vietnam, Cambodge et Laos) du 13 au 18 novembre 2014 pour présenter sa vision pour la Francophonie du XXIe siècle.

Tout compte fait, dans deux semaines sans doute, l’un ou l’une de deux candidats sera couronné(e) à la tête de la Francophonie.

Isidore KWANDJA NGEMBO, Politologue

4 thoughts on “Canada – Île Maurice : deux candidats en vue pour prendre la direction de l’OIF

  1. vous faites erreur sur de nombreux points: l’anglais n’est pas la langue officielle de Maurice. La constitution n’évoque pas de langue officielle. L’anglais s’est imposée comme langue administrative, à l’école ou dans les tribunaux. Et encore! Au parlement, il n’est pas rare que les élus parlent en français. A l’école, c’est en français que se font de nombreuses explications même si l’anglais est privilégié à l’écrit. Et dans les tribunaux, toute personne impliquée dans une affaire doit pouvoir comprendre ce qui est dit si bien que le français et le créole sont souvent utilisés. En fait, le français est la deuxième langue la plus parlée, après le créole. c’est la langue de la presse écrite, des radios, du JT et nombreuses émissions télé!
    Plus de 72% des Mauriciens sont des locuteurs français contre un peu plus de 30% pour le Canada fédéral et 30% aussi pour le N-Brunswick (source OIF)! Il est vrai, vous me direz, que le Québec compte 88% de locuteurs français… Votre tentative de minorer la candidature de ce pays à l’OIF en évoquant le pseudo-statut officiel de l’anglais et non du français repose sur une fausseté d’autant que vous n’évoquez pas la place réelle du français dans le pays… à cet égard, lisez: http://www.monde-diplomatique.fr/2014/09/CHANDA/50795
    En fait, ce qui fait, selon moi, de Maurice un pays francophone, c’est l’usage répandu du français, sa place dans les médias mais surtout son épanouissement aux côtés d’autres langues. C’est un pays multilingue où le français progresse!
    Autre élément qui me fait réagir à votre article: vous dites que la candidate canadienne est »la seule à proposer une vision porteuse et réaliste pour une Francophonie économique « . Dans le plaidoyer de la candidate j’ai surtout lu des déclarations d’intention, générales, appelant notamment à des synergies… Sur ce point, elle n’a pris aucun risque. A lire les plaidoyers des candidats de Maurice et du Burundi, on y voit des propositions concrètes, réalistes, et non des incantations… vous en conviendrez?
    Enfin, si la candidate Mme Jean a pu se rendre sur tous les continents, vous conviendrez également que les moyens du canada (diplomatique, financiers) sont autrement plus importants que ceux du Burundi ou de Maurice. Enfin, vous dites qu’elle a un accès privilégié aux acteurs clés. Buyoya, n’en a-t-il pas? Et L’estrac non plus? là aussi, je crois que vous minimiser le poids réel de ces candidatures africaines.
    Vous soutenez clairement la candidature canadienne, sur de nombreux sites et journaux, en réaction aussi à des articles. Ce faisant, à force de faire la communication de la candidate, vous perdez en pertinence et en exactitude… à mon humble avis.

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