Michaëlle Jean apportera un vent nouveau à l’OIF.

1377425_10152533448462183_2627446430106718861_n

C’est avec beaucoup de consternation que nous avons lu la chronique de Monsieur Joseph Facal dans le Journal de Montréal du 25 novembre 2014, plein d’amertume et de rancœur. Elle ressemble à un cri d’un désespéré.

Si l’auteur de cette chronique en vient à supplier les lecteurs d’être gentil et de lui donner une chance de pouvoir lire sa chronique, c’est parce qu’il est très conscient que les âmes sensibles seraient obligés d’arrêter la lecture dès le premier paragraphe.

En lisant l’intégralité de sa chronique, on peut conclure rapidement que s’il y a quelqu’un qui ne doit pas être pris au sérieux, c’est bien lui, M. Facal. Ce qu’il y a d’ironique dans sa chronique c’est qu’il semble plus obsédé par la couronne britannique que par la Francophonie qu’il prétend pourtant vouloir sauver en empêchant Michaëlle Jean d’y accéder.

Mais, la bonne nouvelle c’est que, ni sa voix, ni la mienne ne compte dans la balance, seules les voix de 57 chefs d’État et de gouvernement membres de l’OIF qui comptent.

Si M. Facal est conscient que l’élection du Secrétaire général de la Francophonie est importante pour le Québec, il devrait également d’avouer sincèrement qu’elle serait encore beaucoup plus importante avec la victoire d’une Québécoise à la tête de l’Organisation.

Les trois gouvernements (Canada, Québec et Nouveau-Brunswick) ont de commun accord présenté et appuyé la candidature de Mme Jean pour diriger l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

En effet, si M. Facal, en tant que Québécois très attaché à la promotion de la langue française, avait pris la peine de parcourir le cursus des autres prétendants à la direction de l’OIF, je suis sûr que son choix, même s’il ne compte point, serait Michaëlle Jean.

Toutefois, s’il reste toujours campé dans sa position idéologique et tenté de rire en regardant la candidature de Mme Jean, je peux lui assurer que des millions de francophones, dont plusieurs chefs d’État et de gouvernement la prennent très au sérieux et fondent beaucoup d’espoir sur la possibilité que Michaëlle Jean soit élue à la tête de l’OIF.

C’est le cas particulièrement des femmes et des jeunes, qui seront au cœur des discussions qui animeront le XVe Sommet de la Francophonie.

Isidore KWANDJA NGEMBO, Politologue

Francophonie : changement de paradigme au Sommet de Dakar

Michaelle-Jean-20121

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est à un tournant décisif de son histoire. Le paradigme qui a vu le jour au Sommet d’Hanoï avec l’élection de Boutros Ghali en 1997, suivi de celle d’Abdou Diouf en 2002 au Sommet de Beyrouth a produit ses effets.

Le nombre des locuteurs francophones ne cesse d’augmenter. Le dernier rapport de l’OIF mentionne 274 millions de personnes qui parlent français, soit un bond de 7 % en quatre ans. Il est donc important de veiller à ce que la jeunesse puisse acquérir une éducation en français à la fine pointe du savoir scientifique et technologique, pour garder le cap.

Le renouvellement, au mieux le choix judicieux du secrétaire général, est une véritable opportunité pour impulser cette nouvelle dynamique. Il ne s’agit pas d’ignorer complètement l’ancien paradigme basé sur les fondamentaux de l’OIF, mais bien d’opérer un changement dans la continuité, en tenant compte des réalités actuelles et futures.

Peu importe qui va gagner cette bataille électorale pour la succession à Abdou Diouf, qui a marqué l’OIF pendant ses douze ans de règne, il est certain que le prochain secrétaire général devra définir un nouveau paradigme et assurer un nouveau leadership. Elle ou il devra apporter des idées nouvelles, imprimer une nouvelle dynamique, et surtout avoir une nouvelle représentation du monde qui repose sur le courant de pensée actuel.

Comme nous le savons, l’OIF intervient principalement pour la promotion de la langue française et de la diversité culturelle au plan international. Elle œuvre également pour la promotion de la paix, de la démocratie, de l’État de droit et des droits de la personne, et pour la promotion de l’éducation et de l’enseignement. Elle contribue de façon substantielle à la prévention, la gestion et le règlement pacifique des conflits dans l’espace francophone.

L’OIF agit aussi dans le domaine des relations internationales, notamment pour mobiliser les États membres face aux défis qui secouent notre monde, tel que le changement climatique, dans le but de dégager un point de vue consensuel lors de négociations multilatérales.

De ce fait, l’OIF est devenue un terrain d’action en plus d’être une tribune pour les États membres qui débattent de sujets d’intérêt commun, recherchent des solutions efficaces et font entendre leur voix sur la scène internationale où le multilatéralisme est plus que jamais souhaité.

Mais pour agir efficacement dans une dynamique commune et répondre aux besoins présents et futurs des francophones du Nord comme du Sud, l’OIF doit avoir un pouvoir économique et financier qui lui permette d’exercer avec beaucoup de succès son influence sur le plan international.

Au Sommet de Kinshasa en 2012, les chefs d’État et de gouvernement avaient décidé de prendre un virage économique. Il va de soi qu’il faudrait revisiter l’ancien paradigme, basé sur les idées traditionnelles de l’OIF, qui obéissait à une logique bien spécifique, et aménager une place pour une nouvelle vision du monde, cette fois, basée sur l’économie comme dénominateur commun sans, bien entendu, délaisser l’acquis culturel et linguistique, et l’idéal démocratique – avec toutes ses différentes déclinaisons.

Une OIF influente : quel candidat peut relever ce défi?

Avec la mondialisation, on assiste à une montée en puissance de la diplomatie multilatérale au détriment du modèle bilatéral. Les organisations internationales sont devenues des acteurs principaux qui interviennent dans différents domaines autrefois réservés aux seuls États concernés. Elles sont des enceintes au sein desquelles sont débattues les questions internationales et recherchées des solutions aux défis mondiaux.

Mais les rapports de forces et d’influence des organisations multilatérales dans les processus de décision internationaux reposent également dans leur capacité d’ouvrir le chéquier. Une organisation internationale qui n’a pas un pouvoir économique et financier à la hauteur de ses ambitions ne peut exercer une réelle influence sur l’échiquier international.

Si les États membres de l’OIF veulent que leur Organisation soit parmi celles qui comptent dans le système multilatéral afin de veiller sur leurs intérêts, ils doivent alors désigner une ou un secrétaire général qui peut se tenir debout, sans complexe, devant les acteurs importants de la gouvernance mondiale pour donner le point de vue de l’OIF sur la marche du monde.

Mais surtout, une ou un secrétaire général crédible et écouté qui puisse garantir à l’Organisation une viabilité financière tout en accompagnant les États membres à relever les défis que leur impose un monde où se créent suffisamment de richesses mais où le nombre de pauvres, notamment en Afrique francophone, ne cesse de croître.

Au Sommet de Dakar qui a lieu les 29 et 30 novembre 2014, on espère donc que les chefs d’État et de gouvernement de l’OIF devront non seulement définir les grandes orientations d’une Francophonie centrée sur le développement économique et social, mais aussi choisir une personnalité qui répond à l’opportunité politique et économique du moment.

Sans vouloir faire ici l’éloge du Canada, je me limiterai à noter que ce pays s’en est bien sortie, sans beaucoup de tracas, face à la crise économique et financière de 2008 qui a frappé le monde entier et qui continue de faire ses effets.

En présentant une candidate à la tête de l’OIF, le Canada et ses différents gouvernements provinciaux (Québec et Nouveau-Brunswick) membres de la Francophonie ont une réelle volonté d’apporter leur soutien à la recherche des solutions innovantes pour une OIF dynamique tant sur le plan économique que sur les plans politique et diplomatique.

Michaëlle Jean présente une stratégie économique viable qui saura accompagner notamment les pays d’Afrique francophone dans leurs efforts de développement et qui répond au vœu de chefs d’État et de gouvernement exprimé au Sommet de Kinshasa. Si ces derniers lui accordaient leur confiance, certainement qu’elle saura « livrer la marchandise », comme nous disons au Canada.

Isidore KWANDJA NGEMBO, Politologue

Canada – Île Maurice : deux candidats en vue pour prendre la direction de l’OIF

téléchargement

L’île Maurice et le Canada sont deux pays avec des parcours historiques similaires. Comme le Canada, l’île Maurice a été successivement colonisée par les Français et les Britanniques avant d’accéder à l’indépendance en 1968.

Les deux pays sont à la fois membres du Commonwealth et de la Francophonie. À la différence que le Canada reconnait légalement l’anglais et le français comme les deux langues nationales du pays, alors que l’île Maurice ne reconnait que l’anglais comme seule langue du pays qui a le statut de langue officielle et langue de l’administration publique, non pas le français.

À l’île Maurice, seule la version anglaise de textes législatif, exécutif et judiciaire est considérée comme la version officielle. Dans le secteur de l’éducation mêmement, l’anglais est l’unique langue obligatoire d’enseignement secondaire et la seule langue des manuels scolaires.

Et pourtant, il est beaucoup plus facile pour la majorité des Mauriciens d’apprendre le français que l’anglais en raison des affinités linguistiques avec le créole mauricien, un mélange de langues maternelles des descendants d’esclaves africains et du français.

Le candidat de l’île Maurice à la tête de la Francophonie devrait convaincre son pays à reconnaitre officiellement le français comme une deuxième langue du pays. Par ce geste, l’île Maurice lancerait un message positif à l’égard des autres États membres de l’OIF, notamment le Québec qui est très sensible à la question de langue. L’île Maurice a un défi énorme à relever dans la promotion de la langue française.

Depuis le début de cette campagne pour la succession à l’OIF, tous les spécialistes et stratèges politiques qui s’intéressent à cette Organisation, les diplomates et les médias n’ont cessé de le dire que tant et aussi longtemps que l’Afrique avancera en ordre dispersé, elle n’aidera aucun candidat du continent.

Jean-Claude de l’Estrac est très conscient de ce handicap sur le chemin de son accession à la direction de l’OIF. Dans une entrevue qu’il a accordé au journal L’express, du groupe La Sentinelle, dont il est le grand patron,  M. De l’Estrac reconnait implicitement que ses chances sont minces pour succéder à Abdou Diouf :

« Je ne sais pas si on peut considérer que nous sommes dans la position de favori, m’enfin nous sommes un de candidats principaux avec ses difficultés qui, on a même peut-être encore trop de candidats. Nous sommes au moins quatre candidats officiels africains pour l’instant, à moins deux mois du sommet, et si arrivée à Dakar, nous sommes toujours quatre, par exemple, face à une candidature canadienne qui a faite aussi une belle campagne, l’Afrique ne passera pas » disait-il.

Effectivement, la multitude de candidats africains profitera à Michaëlle Jean qui, il faut le dire, est la seule candidate dans cette course qui a un accès privilégié aux acteurs clés de la gouvernance mondiale.

De plus, elle est la seule à proposer une vision porteuse et réaliste pour une Francophonie économique qui saura accompagner résolument les pays africains dans leurs efforts de développement.

Michaëlle Jean est également la seule qui a compris que la Francophonie n’est pas qu’africaine, elle est aussi européenne, américaine et asiatique. Elle est la seule qui est allée dans tous ces continents pour faire campagne.

Elle est présentement en visite dans trois pays membres de la Francophonie d’Asie du Sud-Est (Vietnam, Cambodge et Laos) du 13 au 18 novembre 2014 pour présenter sa vision pour la Francophonie du XXIe siècle.

Tout compte fait, dans deux semaines sans doute, l’un ou l’une de deux candidats sera couronné(e) à la tête de la Francophonie.

Isidore KWANDJA NGEMBO, Politologue

Michaëlle Jean n’a jamais été la représentante du Commonwealth

images (12)C’est avec beaucoup d’étonnement que j’ai lu l’article rédigé par monsieur Jules Robin, publié dans le journal Contrepoints le mercredi 5 novembre 2014 coiffé du titre : «Michaëlle Jean : une ancienne représentante du Commonwealth à la tête de la Francophonie?»

Cet article contient malheureusement de nombreuses inexactitudes et plusieurs affirmations fallacieuses pour ne pas dire carrément fausses.  Par conséquent, une mise au point s’impose.

Tout d’abord, Michaëlle Jean a été la 27e gouverneure générale et commandante en chef du Canada, et non pas la représentante du Commonwealth, comme l’écrit monsieur Robin dans son article.  Oui, le Canada est membre du Commonwealth (tout comme de la Francophonie), mais cela ne signifie pas pour autant que son gouverneur général est le représentant de tous les États et gouvernements membres de ces deux organisations.  De toute évidence, monsieur Robin semble ne pas avoir une connaissance suffisante des réalités canadiennes et québécoises, encore moins du Commonwealth.

D’autre part, en prétendant que la désignation de Michaëlle Jean à la tête de la Francophonie « pourrait avoir de nombreuses conséquences néfastes pour l’organisation elle-même mais également pour l’Afrique », l’auteur fait preuve d’une méconnaissance et d’un mépris éhonté non seulement de la candidate, mais aussi de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et de l’Afrique.

Au contraire, la désignation de Mme Jean à la tête de l’OIF serait non seulement bénéfique pour l’Organisation mais aussi pour le continent africain.  Elle est la seule candidate dans cette course qui a un accès privilégié aux acteurs clés de la gouvernance mondiale.  De plus, elle est la seule à proposer une vision porteuse et réaliste pour une Francophonie économique qui saura accompagner résolument les pays africains dans leurs efforts de développement.

L’entêtement de l’auteur à vouloir présenter Michaëlle Jean comme la candidate d’un « pays anglophone » et une personne « complètement imprégnée de la culture britannique » laisse encore une fois transparaître une malhonnêteté désarmante.  Soit monsieur Robin fait de l’aveuglement volontaire, soit il ne sait pas que la candidature de Mme Jean a été officiellement présentée non seulement par le Canada, mais aussi par le Nouveau-Brunswick et, plus particulièrement, par le Québec, tous membres de plein droit de l’OIF.

Monsieur Robin devrait à tout le moins savoir que Mme Jean a grandi, étudié et travaillé une grande partie sa vie à Montréal, où elle a baigné dans une culture francophone et non britannique.  Faut-il aussi rappeler à l’auteur que Michaëlle Jean est d’origine haïtienne, un pays avec une histoire intimement liée à celle du continent africain.

Dans son article, l’auteur cite l’ancien premier ministre du Québec, Bernard Landry, pour remettre en question les convictions de Mme Jean pour la défense et le rayonnement de la langue française.  Malheureusement, monsieur Robin oublie de souligner qu’en 2003, c’est ce même Bernard Landry, alors qu’il était premier ministre du Québec, qui a remis à Mme Jean l’insigne de Chevalier de l’Ordre de la Pléiade en reconnaissance de son expression et de son travail en faveur de la langue française.  Cherchez l’erreur.

Qui plus est, l’auteur devrait savoir que le candidat qu’appuie monsieur Landry dans la course au secrétariat général de la Francophonie est issu d’un pays où la langue française n’a pas le statut de langue officielle.

Quant aux questions que soulèvent l’auteur relativement à l’avenir éventuel de l’actuel administrateur de l’OIF, monsieur Robin a tort de laisser entendre que, si Michaëlle Jean était désignée Secrétaire général de la Francophonie, la balance à la tête de l’Organisation « tomberait à la renverse ».  Sur ce point, Mme Jean a été très claire tout au long de sa campagne : elle tient mordicus au principe d’équilibre Nord-Sud à la tête de l’OIF.

Chacun est libre de soutenir le candidat de son choix, mais nous avons tous une responsabilité de débattre honnêtement et de ne pas verser dans la désinformation.

Monsieur Robin peut être en désaccord avec la candidature de Michaëlle Jean, sans pour autant remettre en question la légitimité d’une personne ayant occupé la plus haute fonction de l’État canadien à se porter candidate au poste de Secrétaire général de la Francophonie.

En terminant, je souhaite rappeler à l’auteur que la nomination du futur Secrétaire général de la Francophonie se fera les 29 et 30 novembre prochains, et non pas les 19 et 20, comme ce dernier l’affirme à la fin de son article.

Isidore KWANDJA NGEMBO, Politologue

Francophonie : Michaëlle Jean favorite pour diriger l’OIF

99À trois semaines de la date fatidique du sommet de Dakar, le ciel s’éclaircit de plus en plus, même s’il est encore trop tôt de considérer avec certitude que la messe est déjà dite pour la succession d’Abdou Diouf à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Les chefs d’État et de gouvernement membres de l’OIF s’activent présentement afin de trouver un consensus, avant le 29 novembre, pour la nomination du nouveau secrétaire général. Il s’agit de tout faire pour éviter que cela ne vienne polluer le débat au sommet de Dakar, laissant ainsi trop peu de temps pour aborder d’autres sujets d’importance.

En effet, plus les jours avancent, plus il est évident qu’un seul candidat fait consensus face à tous les autres. Tout chemine donc doucement mais surement vers la nomination de Michaëlle Jean comme la prochaine secrétaire générale de la Francophonie.

Une visite d’État déterminante pour Michaëlle Jean

Lors de sa visite d’État au Canada du 2 au 4 novembre, le président français, François Hollande, a prononcé un discours devant les députés et sénateurs au Parlement du Canada à Ottawa et devant les députés québécois à l’Assemblée nationale du Québec. Lors de ces deux discours, il y avait parmi les invités d’honneurs l’ex-gouverneure générale du Canada et candidate au secrétariat général de l’OIF, Michaëlle Jean. Elle était allée écouter l’allocution du président français, notamment en ce qui concerne sa vision et ses priorités pour la Francophonie.

Le président Hollande a exprimé sans équivoque le souhait que la Francophonie prenne un virage économique :

« Je veux que ce rendez-vous (…) soit utile pour que nous puissions soutenir davantage la jeunesse francophone, protéger davantage le droit des femmes francophones, que nous puissions aussi développer les technologies nouvelles dans l’ensemble de l’espace francophone (…) nous voulons faire une Francophonie qui soit à la fois culturelle mais qui puisse être économique », a déclaré le président français devant le parlement canadien.

La vision énoncée par le président français est en parfaite concordance avec celle de Mme Jean. Les similitudes de points de vue de la France, du Canada et du Québec sur des questions fondamentales permettent de conclure que la prochaine secrétaire générale s’appellera sans doute Michaëlle Jean. Les trois dirigeants se sont d’ailleurs engagés à donner une nouvelle impulsion à l’OIF lors du sommet de Dakar.

L’avenir de la Francophonie est en Afrique

Il est certes vrai que l’avenir de la Francophonie est en Afrique. Mais la Francophonie n’est pas seulement africaine, elle est aussi asiatique. C’est d’ailleurs lors du VIIe Sommet de la Francophonie à Hanoï au Viêt Nam qu’on avait décidé que l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) deviendrait désormais l’OIF et réunirait au sommet, les chefs d’État et de gouvernement membres.

La Francophonie est aussi européenne. C’est en effet en Europe qu’est née la langue française et où se trouve le siège de l’OIF.  La Francophonie est aussi américaine. C’est là, en Amérique du Nord essentiellement anglophone, qu’on retrouve des communautés francophones actives qui se battent pour la survie et la pérennisation du fait français.

L’OIF étant donc composée d’États et gouvernements issus de différents continents, il va de l’intérêt de l’Organisation de privilégier l’alternance pour inciter ses membres à y demeurer actifs et mener à bien les missions fondamentales de la Francophonie.

D’ailleurs, le Canada et Québec n’auraient pas pris le risque de présenter une candidature s’ils étaient convaincus que le poste était réservé exclusivement au continent africain.

Avec Michaëlle Jean à la tête de la Francophonie, les pays africains auront une alliée de taille qui sera sensible à leurs besoins et qui saura les accompagner résolument dans leurs efforts de développement. Michaëlle Jean a un accès privilégié aux acteurs clés de la gouvernance mondiale. Elle a des habiletés à convaincre et a déjà fait ses preuves dans la mobilisation de ressources et de partenaires multilatéraux, notamment pour la reconstruction d’Haïti.

La visite de François Hollande au Canada à la veille du XVe Sommet de la Francophonie a été une occasion pour les premiers ministres du Canada, Stephen Harper et du Québec, Philippe Couillard, de lui faire part de leur volonté de donner une nouvelle impulsion à l’OIF avec Michaëlle Jean.

Le choix de la France a toujours été déterminant à l’OIF.  Il y a un bon espoir que le président Hollande a compris que le Canada et le Québec soutiennent résolument leur candidate.

Isidore KWANDJA NGEMBO, Politologue